Un accent ? Quel accent ?

Un accent ? Quel accent ?

Au mois de mars dernier, j’ai eu la chance de faire un aller-retour à Paris. Une folie de bourgeois, j’assume ! Ce voyage, qui n’aura duré que 48 h, m’a permis de constater à quel point je deviens un québécois pure-laine. J’ai vécu un véritable choc culturel. Je vous le raconte plus loin car je ne veux pas brûler le punch de mon histoire ici. Il faut quand même que je fasse 500 mots.

 

Quand je discute avec un inconnu dans les rues de Trois-Rivières, une des questions du top 5 qu’on me pose, est celle de mes origines. Il suffit que je lâche quelques mots pour qu’on me repère. J’ai un accent, je suis une minorité audible ! Les gens, incertains, me demandent : « Es-tu originaire de la France ? » Malheureusement, ils se font tous avoir ! Je viens d’un pays beaucoup plus rock’n roll: la Suisse !

 

Généralement, ils sont pris d’enthousiasme et me racontent leur voyage en Europe. Ils m’énumèrent toutes les villes dans lesquelles ils ont posé leur valise. Ils me demandent si je connais tel ou tel patelin. Si j’ai déjà goûté à la marmelade à la citronelle de Balaruc-Le-Vieux. Bref, ils sont tellement heureux de me jaser d’Europe qu’ils me donnent envie de tout lâcher et de partir goûter cette marmelade. Je suis tellement influençable en matière de voyage !

 

D’autres sont indifférents à mon accent. ils n’y font même pas attention. J’angoisse quand la question du top 5 est reléguée aux oubliettes. Il me semble que chacun de nous possède une différence, et que cette différence enrichie notre quotidien. Moi, c’est mon accent… enfin je crois.

 

Il y a même une toute petite minorité qui trouve mon accent baveux. J’ai déjà rencontré des gens qui se moquaient de moi sitôt que j’ouvrais la bouche. Ils pensaient que je me donnais un air snobinard. Malheureusement, ces personnes souffrent de méconnaissance ou simplement de connerie généralisée. Dans ce cas là, je continue mon chemin et je les laisse poireauter sur place.

 

Ce qu’il y a d’extraordinaire avec les immigrants, c’est que la destination de leur voyage devient souvent le lieu de leurs origines. Le budget alloué aux billets d’avion est investi dans la visite de la famille et des amis qui sont restés là-bas. C’est l’inverse des sédentaires. Il y a ce retour aux sources confortable. Il y a ces vieilles histoires entendues mille fois, ces engueulades de quartier revues et corrigées, ces matchs de foot manqués, la lecture du quotidien régional, les histoires d’amour d’une arrière cousine qu’on ne connait même pas, et surtout, il y a cette marmelade qu’on avait pas goûté depuis des années. Quand on retourne là-bas, on a l’impression de vivre dans un souvenir.

 

Revenons à mon histoire d’accent. Je suis au Zénith de Paris pour voir un spectacle. Après la première partie, j’ai faim et je cours m’acheter un sandwich. Voici la discussion que j’ai eu avec le commis:

- Bonsoir, c’est quoi les sortes de sandwich que vous avez ?
- Jambon-beurre, à la dinde ou salami.
- Un jambon-beurre siouplé !
- Vous venez du Canada ?
- EUH……………………oui !
- Vous essayez de cacher votre accent, hein ?
- EUH…………………..non non, mais oui, mais….c’est plus compliqué que ça !
- Allez, 4 euros et bon spectacle !

Moral de l’histoire: j’ai un accent de l’Atlantique !