Après les végétariens, les végétaliens, les crudivores, voici qu’il est possible d’adhérer à un autre mode de vie lié à votre alimentation : le déchètarisme.  Le concept de déchètarien ou freegan est né aux États-Unis et consiste à se nourrir exclusivement de ce que les supermarchés, les boulangeries et les restaurants jettent dans leurs poubelles pour lutter contre la société de consommation. Le gaspillage de nourriture est tel que plusieurs personnes sont capables de combler plus de 90% de leur alimentation via les poubelles. Il existe même des sites web où des trucs et astuces sont donnés pour mieux réussir dans ce mode de vie. Écologique peut-être, mais ce mode d’alimentation peut présenter des risques non négligeables pour la santé. Conjuguée à cette situation, entre 25 et 30% de certains fruits et légumes produits ne sont même pas récoltés ou emballés car ils ne correspondent pas aux critères esthétiques de consommation. Ces fruits et légumes sont tout à fait consommables, ils sont juste « pas  beaux ». Ils restent donc carrément au champ! Des poivrons de coloration non-uniforme, ou qui sont incapables de tenir à la verticale sur leurs quartiers, des carottes croches, des tomates un peu déformées sont carrément déclassés seulement parce qu’ils ne correspondent pas aux « standards de beauté » des consommateurs. Comme les coûts liés à la commercialisation sont élevés, ils sont immédiatement retirés des chaînes de triage au lieu de les rendre jusqu’à l’étalage d’épicerie, où de toute façon, ils resteront et seront jetés en bout de ligne. Toutes ces pertes à cause de l’image… Pourtant, nous aurions terriblement besoin de ces « rejets ».

Dans un contexte où, d’ici 2050, la FAO (Food and Agricultural Association for United Nations- Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), estime que l’augmentation de la population à plus de 9 milliards d’habitants provoquera une augmentation de 70 % de la demande mondiale des denrées destinées à l’alimentation humaine, que les terres agricoles subissent une pression supplémentaire afin d’être disponibles à la croissance urbaine, que les denrées agricoles seront de plus en plus être utilisées pour la production de bioénergie et à d’autres fins industrielles, il y a lieu de remettre en question certains critères de société quant à la qualité de nos denrées alimentaires.

Nous demandons à nos producteurs d’être de plus en plus écologiques (avec raison) mais également, d’être de plus en plus performants et diversifiés. Les consommateurs veulent avoir accès à l’année à des produits frais, diversifiés, santé et beaux.  De plus en plus santé, et ce, encore une fois, avec raison. Sauf que parfois, il faudrait avouer que c’est contradictoire. Pour rencontrer les standards de performance, les producteurs doivent parfois avoir recours à certains produits de synthèse (chimiques). Les cultures biologiques impliquent souvent une variation dans l’apparence des fruits et légumes, impliquent des coûts de main d’œuvre supérieurs, parfois des rendements inférieurs et parfois aussi, plus d’investissement à la ferme. Sommes-nous prêts à assumer ces différences de coûts et d’apparence, tout en devant conjuguer avec une demande de plus en plus croissante? Les producteurs sont de moins en moins nombreux à produire la nourriture nécessaire pour rassasier toutes ces bouches et la main d’œuvre agricole qualifiée est également une denrée rare. Le défi est donc de taille pour nos producteurs! Les choix et standards des consommateurs dicteront en grande partie ces défis auxquels ils auront à faire face. Parce que le client a presque toujours raison…Mais on ne peut pas toujours tout avoir : toujours beau, bon, santé et pas cher. Il faudra savoir faire les bons choix. Déjà, en choisissant les produits régionaux, qui sont produits selon des normes environnementales québécoises très strictes, autant dans le biologique que dans la production conventionnelle, un pas serait effectué dans la bonne direction! Ils sont disponibles ici, en Mauricie, en qualité et quantité.