En juillet, ça fera 15 ans que j’habite le même appartement au centre-ville. Je l’ai arpenté dans tous les sens, connais ses défauts et ses qualités. J’ai aussi entendu un lot d’anecdotes depuis.

Il y a environ six ans, à travers l’amitié, Guy Marcotte et moi avons débuté, des brainstorming de coin de table pour sa chaîne de cafés. J’avais toujours cru qu’un Morgane sur la 5e deviendrait un moteur pour redémarrer le bonheur économique et social. Les idées se sont intensifiées, vers 2007, avec le résultat qu’on connaît maintenant. Tant de fois, on m’a aussi dit que ça ne marcherait jamais, me traitant presque de fou. Un an après l’ouverture, nous sommes dans un débat, celui sur le stationnement au centre-ville.

Je me souviens quand Claude Matteau de Productions Novel me racontait les moments de gloire de la 5e. Ce fut mon premier employeur en ville vers 1993. J’arrivais de Montréal et mes souvenirs d’enfance n’incluaient pas ce réputé segment urbain. J’avoue qu’il a su me faire revivre cette époque.

Depuis, je ne compte plus les gens qui m’ont parlé à quel point, c’était « la place ». On ne contait plus les bars, les magasins et les restos. Bref, pour qu’on jette à terre le marché public pour faire un Woolworth, les Promenades Shawinigan et qu’on recouvre un côté de rue comme la Plaza St-Hubert, il fallait bien qu’il se passe quelque chose. Ça devait être toute une expérience vivre à cette époque. Tant de monde qui peuplait la rue. Mais, alors que les autos avaient un bon 10 pieds de plus en longueur et que la masse se rassemblait faisant déborder les trottoirs, les gens se stationnaient où ? Je ne suis pas géographe mais, avec Google Earth j’ai pris un peu de temps afin de comparer là où les gens magasinent.

Voici la 5e qui est identifiée en blanc. (Cliquez l’image pour agrandir.)

5e en blanc

La 5e superposée à la Plaza

La 5e superposée à la Plaza

La 5e superposée au Centre Les Rivières

La 5e superposée au Centre Les Rivières

La 5e superposée au Centropolis

La 5e superposée au Centropolis

La 5e superposée au Carrefour Laval

La 5e superposée au Carrefour Laval

La Plaza superposée à la 5e et le bas de la ville
Rouge = Stationnement / Vert = Batiment

La Plaza superposée à la 5e et le bas de la ville

Le Centre Les Rivières superposé à la 5e et le bas de la ville
Vert = Stationnement / Bleu= Batiment

Le Centre Les Rivières superposé à la 5e et le bas de la ville

Le Centropolis superposé à la 5e et le bas de la ville
Jaune = Stationnement / Bleu = Batiment

Le Centropolis superposé à la 5e et le bas de la ville

Le Carrefour Laval superposé à la 5e et le bas de la ville
Rose = Stationnement / Bleu = Batiment

e Carrefour Laval superposé à la 5e et le bas de la ville

Comparativement à ces autres surfaces commerciales, rapidement nous pouvons réaliser que de marcher de la 4e à la 5e pour aller au café est un très petit exercice. Alors, quelle est la raison qui amène des milliers de gens à marcher des longueurs plusieurs fois supérieures à l’axe de la 5e ?

Nous sommes dans un segment où le développement économique passe par l’expérience client. Les vies sont parfois si ennuyantes dans la routine que nous cherchons l’adrénaline jusque dans nos lieux d’achats. Pendant les fêtes, je suis allé vivre la folie du Carrefour Laval. Ouff ! Toutefois, ce n’est pas le monde qui manque là-bas.

Il y a plus de gens et moins de stationnements sur la 5e à cause d’un rehaussement de l’expérience de fréquenter cette artère commerciale. La Place du Marché, les cafés, les restos et les excellentes boutiques contribuent à ce nouveau souffle. Nous avons même des espaces à moto au centre-ville !

Toutefois, la paresse humaine nous amène à désirer un espace de stationnement devant le commerce où nous allons. Vous préférez quoi ? Des commerces vides ou bien du développement économique ?

Stéphane Daoust

www.stephanedaoust.ca
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