La gouvernance, saveur locale ou régionale
Le mot gouvernance s’emploie à plusieurs sauces. Disons qu’à la sauce mauricienne, la gouvernance pourrait se définir avec une bonne dose de concertation. Et on y tient, à cette concertation.
À mon sens, le développement régional est tributaire d’une gouvernance basée sur une capacité de se parler et d’interagir avec les différentes instances décisionnelles, qu’elles soient politiques, institutionnelles, sectorielles, territoriales, etc. Ainsi, les municipalités, les municipalités régionales de comté (MRC) et la région administrative sont trois différents paliers de gouvernance, avec leur part distincte de responsabilités et de pouvoirs. Il y a une interaction constante entre ces paliers, mais il ne s’agit pas du tout d’une relation hiérarchique.
Étant à la fois maire de la municipalité de Saint-Maurice, préfet de la MRC des Chenaux et président de la Conférence régionale des élus (CRÉ) de la Mauricie, mon quotidien oscille entre ces trois instances ce qui affecte naturellement ma vision des choses. On pourrait voir le développement d’une région comme le complément du développement d’une localité, en ce sens que les enjeux et problématiques qui se vivent sur un territoire municipal ne s’arrêtent pas à sa frontière. Le pouvoir de l’élu municipal, lui, si. C’est là qu’entre en scène le bon voisinage avec les discussions et les échanges qui permettent d’identifier les intérêts communs. C’est ce que permet, du moins dans le meilleur des mondes, une structure comme la MRC et, à une autre échelle, celle de la CRÉ.
On a souvent besoin de quelqu’un de plus grand que soi, dit-on. Cette image s’applique d’une certaine manière à la dynamique régionale dans la mesure où l’on fait prévaloir la notion d’entraide et de complémentarité. Par exemple, une municipalité rurale dévitalisée pourra mieux réussir à se remettre sur les rails si elle n’est pas seule à tenter de le faire. Le développement intégré des ressources naturelles ne peut se réaliser à l’échelle d’une seule municipalité, ni même d’une MRC. Le transport collectif interterritorial mis en service en Mauricie, d’ailleurs tout récemment, en septembre 2011, aurait-t-il pu devenir réalité sans une concertation soutenue entre les trois paliers de gouvernance ?
Qu’elle soit à saveur locale, territoriale ou régionale, la gouvernance n’est pas une affaire de vase clos. En Mauricie, les élus et la société civile disposent de plusieurs tribunes pour se concerter, participer aux décisions et orienter leurs actions vers des objectifs communs. Il ne faut jamais sous-estimer l’impact positif de la concertation sur la santé socioéconomique d’un quartier, d’un village, d’une ville, d’une MRC, d’une région.
| Cette entrée a été posté par Gerard Bruneau le 25 novembre 2011 à 9:00 , et placée dans Gouvernance, Mauricie, Municipale, Régionale. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Les commentaires et les pings sont fermés pour l'instant |
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25 novembre 2011 10 h 05
J’aime bien votre interprétation et la soutien …
25 novembre 2011 11 h 42
Très juste monsieur Bruneau !
Chaque palier doit bien jouer son rôle et s’enrichir de la concertation. Celle-ci est vitale tant pour la municipalité que pour la MRC ou la région. Par ailleurs (et ce n’est pas qu’une question de coquetterie linguistique….), je souhaite plutôt que l’on parle « d’action concertée »…pour chacun de ces paliers de gouvernance…