Occupons Wall Street…
« Occupons Wall Street » est un mouvement né à New York qui dénonce le pouvoir des banques, des multinationales et les interventions directes des gouvernements afin de sauver ces institutions financières. Ce mouvement trouve écho dans plusieurs grandes villes du monde (et même chez nous à Trois-Rivières, à Québec et à Montréal) et propose de redonner le pouvoir au peuple, de freiner la course à la consommation. Intéressant et séduisant comme idée, mais est-ce réaliste à court terme ? Est-ce la solution ?
Occupons nos communautés ! Le temps est à la préparation des budgets dans les municipalités. De multiples intervenants profitent de la rentrée pour interpeller les élus sur les besoins de leur organisme ou de la clientèle desservie, pour communiquer leurs projets à venir, faire leur tournée de représentation…et présenter leurs demandes. Vous pouvez difficilement imaginer le nombre de demandes qui sont acheminées auprès des conseils municipaux… Mais les élus municipaux doivent aussi se questionner sur leur rôle véritable de gestionnaire des finances municipales. Alors que les efforts imposés aux municipalités par l’état ne cessent d’augmenter (schémas de couverture de risque incendie, nouvelles règles entourant la vérification financière, transport collectif, etc), les moyens pour assurer le financement de ces nouvelles obligations ne sont pas toujours au rendez-vous. Quoi faire ? Les élus doivent trouver le juste équilibre entre le nécessaire et le superflu. Trouver des façons de tenter de rentabiliser (du moins en partie) certains services municipaux. Mais aussi et surtout, de créer un peu de richesse collective.
Comment alors changer les choses et augmenter cette richesse collective ? Je crois qu’une partie de la solution pourrait se trouver dans la mise en place d’une communauté plus entrepreneuriale. La MRC de Mékinac vient d’entreprendre une démarche qui vise ultimement à augmenter le désir et l’intention d’entreprendre chez la population en général. Organismes communautaires, entrepreneurs, élus, représentants d’institutions, enseignants, directions d’école et citoyens ont été conviés, le 7 octobre dernier à un grand forum sur la mise en place d’une communauté entrepreneuriale. Le but : assurer une mobilisation des acteurs et permettre une compréhension commune de la réalité territoriale. Les prochaines étapes seront de recenser les pratiques entrepreneuriales déjà existantes, de mesurer l’indice d’entrepreneuriat de la population et de dresser un plan d’actions concertées pour changer la situation. Une communauté plus productive, plus participative tant dans son économie que dans sa vie communautaire me font espérer qu’ainsi, nous pourrons infléchir la tendance actuelle de dévitalisation de plusieurs communautés.
La mise en place d’une telle initiative ne va pas à l’encontre des valeurs véhiculées par « Occupons Wall Street ». Individuellement, nous avons le choix de limiter notre consommation. Par ailleurs, collectivement, nous avons le devoir de nous assurer d’une participation citoyenne active et positive tant par l’action bénévole que par un travail ou par le démarrage d’une entreprise individuelle ou collective. Occupons Wall Street ? Non…Occupons nos campagnes !
| Cette entrée a été posté par Guy Veillette le 28 octobre 2011 à 11:00 , et placée dans Affaires, Entrepreneuriat, Gouvernance, Mauricie, Municipale. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Les commentaires et les pings sont fermés pour l'instant |
Il n'y a pas de commentaires.

1 novembre 2011 11 h 28
Beau défi de gouvernance auquel font face les municipalités actuellement ! Pas simple j’imagine de départager le nécessaire du superflu car tout étant relatif à chacun. Belle démarche Guy de mettre en place une communauté entrepreneuriale. J’aime bien l’idée. Comment a été la réceptivité de cette démarche ? Sommes-nous prêts à un tel virage comme communauté ? De toute façon, ça vaut le coup d’essayer ! J’endosse.
1 novembre 2011 13 h 23
Merci Gaétan pour ce commentaire. Effectivement, pour les élus, il n’est pas facile de faire les « bons » choix. Pour certaines personnes, les priorités sont les infrastructures et la voirie. Pour les autres, la culture, les loisirs sont les pierres d’assises. Et le pire, c’est que tout le monde à raison…mais une partie de la réponse se trouve à mon avis, dans la recherche d’un certain équilibre.
En ce qui a trait à la mise en place d’une communauté entrepreneuriale, la réponse semble intéressante. C’est la première fois que l’on trouve un projet aussi rassembleur. Travailler d’abord sur les gens plutôt que sur les opportunités m’apparaît comme étant prometteur comme façon de faire. Par ailleurs, nous ne changerons pas la mentalité dans un délais de 2-3 ans. Nous devons adhérer à cette vision sur une longue période et ne devrons pas baisser les bras si on veut avoir des résultats. Patience et Persévérance comme disait ma grand-mère…
4 novembre 2011 10 h 16
Je souscris moi aussi entièrement à cette démarche ! Je comprends qu’il s’agit de travailler non pas sur les gens mais avec eux… et qu’à ce titre il importe de bien se rappeler qu’ils n’ont pas tous la même capacité d’agir. D’où, si vifs soient le désir d’entreprendre ou la nécessité de se mettre en action, la nécessaire réflexion collective autour des potentiels de la communauté. Si humbles ou si prometteurs soient-ils, c’est à partir d’eux qu’une communauté peut, se rassembler, se mobilier et se mettre en mouvement (dans cet ordre me semble-t-il) autour projets porteurs d’espoir et de résultats. Et puis, les indignés de la Rue du mur gagneraient même à être instruits de ce qui se fait dans Mékinac … car il y a assurément pour eux un horizon au-delà de leur tente, de leur gamelles et de leurs petits feux de bois.
4 novembre 2011 20 h 10
Merci Réal pour cette observation ! En observant le mouvement d’occupation, je suis un peu sceptique sur les retombées concrètes que provoquera cette action…même si j’adhère grandement aux principes défendus ! En fait, je crois plutôt que c’est en proposant des choses, en tentant des actions, en se mettant en mouvement (comme tu le dit si bien). Les indignés sont remplis de bonne volonté, mais attendent que le changement ….arrive du ciel ? Vite, rentrez les tentes…allez plutôt investir les lieux de décision…et être au coeur du changement !