Que l’on soit travailleur, employeur, gestionnaire, parent, étudiant ou aidant naturel, la conciliation travail-famille-études[1] nous rejoint dans l’une ou l’autre de nos sphères de vie.

Au cours de la dernière année, un comité de suivi avait pour mandat d’établir les constats, les orientations, les objectifs, les cibles et les principales pistes d’action régionales concernant la conciliation travail-famille-études. En fait, un questionnement s’imposait : Quels éléments pourrions-nous apporter afin d’aider les gens à mieux concilier le travail, la famille et les études en Mauricie?  Ces échanges de questions se déroulaient entre partenaires : la Conférence régionale des élus (CRÉ) de la Mauricie, la Jeune Chambre de commerce de la Mauricie (JCCM), la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie (TCMFM), le Forum Jeunesse Mauricie (FJM), le Conseil du statut de la femme (CSF), le ministère de la Famille et des Aînés (MFA), le  Comité mauricien sur la persévérance et la réussite scolaires (COMPERES), le Conseil régional d’économie sociale (CRÉS) et Femmes en parcours innovateur (FPI).

Enfin d’élargir les discussions, le comité de suivi a organisé une journée de concertation en matière de conciliation travail-famille-études : vers un plan d’action régional. Cette activité s’est tenue à Shawinigan le 14 octobre 2011. Près d’une soixantaine de personnes, provenant de tous les territoires de la Mauricie, ont participé à cette rencontre visant la validation et la priorisation d’un plan d’action triennal.

La journée a permis d’obtenir un consensus des intervenants afin de tracer les balises d’un plan d’action triennal régional concerté permettant de développer une culture de conciliation travail-famille-études en Mauricie. En effet, par la sensibilisation, la démystification et la mise en place de projets porteurs, il sera possible de créer un effet de contamination positive et ainsi inciter graduellement les décideurs concernés à considérer l’impact véritable de la mise en place de mesures de conciliation. Les actions visées toucheront les entreprises, les municipalités et les familles.

La conciliation travail-famille-études touchent des enjeux importants. Les valeurs de la société québécoise sont en transformation et ont des répercussions importantes dans les sphères de la vie. Pensons à la présence croissante des femmes sur le marché du travail et des familles à deux travailleurs. Comment répondre aux  demandes d’horaires de travail plus compatibles avec la vie privée et aux demandes d’horaires réduits ou de tâches allégées, à l’aube de la retraite?  Comment atténuer l’impact dans les entreprises des congés parentaux maintenant utilisés par une proportion importante de pères.

Ces changements de valeur s’inscrivent dans un contexte d’importants changements  démographiques dans la société : les départs massifs à la retraite, le déclin de la population en âge de travailler à partir de 2016, l’arrivée sur le marché du travail d’une relève plutôt restreinte et une population vieillissante qui nécessite du soutien de la part des familles dont la taille est réduite.

L’enjeu majeur pour les entreprises est de demeurer compétitives. Une meilleure gestion de ses ressources humaines doit être au cœur de son organisation. La conciliation travail-famille-études prend toute son importance dans un contexte où on élargit les services à la clientèle, on prolonge les heures de production et on augmente les horaires de travail atypiques. Désormais, il se fait une gestion concurrentielle de la performance et des effectifs, et ce, sans compter sur les nouvelles technologies réduisant les frontières entre le travail et la vie privée.

Avouez que la matière à réflexion sur ce sujet est assez large !


[1] En Mauricie, la conciliation travail-famille-études désigne l’équilibre que les parents et les proches aidantes ou aidants qui travaillent, recherchent un emploi ou étudient, tentent d’atteindre entre les sphères domestiques et professionnelles de la vie.