Ça y est, les autorités fédérales ont donné le feu vert à la réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2. Le gouvernement du Québec doit lui aussi prendre une décision dans cette affaire, mais tout indique qu’il autorisera la rénovation.

La Jeune Chambre de commerce de la Mauricie participait dernièrement à une rencontre privée réunissant divers intervenants du milieu économique de Trois-Rivières et de Bécancour et des représentants du Parti Québécois, soit Mme Pauline Marois, M. Jean-Martin Aussant et Mme Noëlla Champagne. Le Parti Québécois, qui s’est positionné pour le démantèlement de la centrale, nous avait alors fait part de leur proposition : créer un fonds d’aide à la région de 200M$. Ces sommes seraient investies dans les nouvelles énergies propres et dans le développement de nouveaux créneaux dans le parc industriel de Bécancour.

Les réactions provenant du milieu économique ont été plutôt négatives. Pourquoi ? Parce qu’on ne peut se permettre de perdre plus de 750 emplois directs et parce que pour diversifier une économie et récupérer les emplois perdus, ça prend environ 20 à 30 ans, ce qui équivaut à l’espérance de vie d’une centrale.  La Jeune Chambre appuie les positions des Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières et de Bécancour, qui se sont prononcées en faveur de la réfection de la centrale nucléaire.

Cependant, il faut penser à l’avenir. Nous devons sauver nos emplois maintenant…mais qu’arrivera-t-il dans 30 ans ? Pour la plupart des employés en poste à Gentilly-2, ce n’est pas un souci, puisque dans une trentaine d’années, ils vivront leur retraite paisiblement. Mais la relève,  la génération Y particulièrement, a une épée de Damoclès au-dessus de la tête! Puisque dans 30 ans, le même problème se posera : nous devrons statuer sur la réfection de la centrale, qui arrivera au terme de sa longévité. Alors, pourquoi ne pas adopter les deux positions dès maintenant : rénover la centrale et créer un fonds de démarchage? Ainsi, les quelque 750 emplois seront conservés et nous pourrions graduellement remplacer ces emplois en diversifiant l’économie. La fermeture d’une centrale nucléaire se planifie, non pas quelques-années avant que sa durée de vie arrive à terme, mais bien plusieurs décennies avant. Il faut agir maintenant pour sauver notre économie plus tard… et pour faire en sorte que ce ne soit pas notre génération qui soit en reste avec ce problème.

 

Kathy Béliveau